030+030T 601 à 620
(--> Retour à Accueil/Portail/Traction/Vapeur/Locomotives vapeur à trois essieux couplés)
Généralités
Locomotives 030+030T, série 601-620, construites en 1862 (601-610) et 1867 (611-620), destinées à la remorque des trains lourds de marchandises. Construite par les Ateliers Gouin pour le NORD, sur les plans de l'ingénieur Petiet.
La chaudière étant surélevée, sa hauteur obligeait à placer la cheminée horizontalement afin de pouvoir passer sous les tunnels. Cette curieuse cheminée gênait énormément les conducteurs dont le costume comportait obligatoirement un haut de forme...
Description
La machine Petiet, que les Employés du Nord avaient baptisé du nom de "Chameau", et qui a été abandonnée comme trop lourde et trop compliquée, était destinée à remorquer les lourds trains de marchandises. Elle comportait six essieux en deux groupes à quatre cylindres (Fig. 1715)
Le but de la Compagnie a été d‘établir une machine très puissante, pouvant circuler dans les courbes de rayon moyen avec six essieux moteurs fixés à un bâtis rigide et sans dépasser cependant la charge maximum de 12 tonnes par essieu. C’est une de ces machines genre "colosse", qu’on n'emploie plus aujourd'hui mais qui a eu son heure de célébrité. Comme cette locomotive doit être très puissante il y a lieu de profiter de tout pour augmenter l'adhérence et c'est pourquoi on lui a fait porter ses approvisionnements d'eau et de combustible, même pour un long parcours. Il y a donc là simplement une disposition spéciale de machine-tender. La chaudière ne présente rien de particulier, elle ressemble à celles de toutes les machines à deux essieux couplés en usage à la même Compagnie.
Le mécanisme est extérieur et composé de quatre cylindres conjugués deux à deux. Chaque couple actionnant un groupe de trois essieux possède un régulateur d'admission séparé, mis en train par un seul et unique levier de mise en marche.
L'empattement total est de 6 mètres ; un jeu de 0,015 m de chaque côté est réservé dans les coussinets des essieux extrêmes afin de faciliter le passage en courbe; cela réduit en effet à 3,720 m l’écartement des essieux fixes, et la machine peut ainsi franchir aisément les courbes jusqu'’à 200 mètres de rayon. Bien entendu, les bielles extrêmes d’accouplement peuvent prendre un jeu latéral au moyen d’une articulation à axe vertical, les manetons d'accouplement sont cylindriques comme à l’ordinaire.
Le système de balanciers Beugniot, vu précédemment, a été appliqué au type de machines-tenders Petiet afin d'augmenter la facilité de passer dans les courbes. Les figures 1897 à 1904 représentent les différentes vues et coupes de cette machine. Nous avons dit plus haut ce que nous pensions du système Beugniot qui a disparu devant les autres perfectionnements beaucoup plus simples et plus pratiques employés aujourd'hui, entre autres les plans inclinés. Ces balanciers ne faisaient ici d'ailleurs que rendre plus compliquée et plus coûteuse d’entretien une machine déjà fort compliquée par elle-même. Nous avons d’ailleurs dit aussi pourquoi toutes les machines colosses ont dû être abandonnées à cause de certains inconvénients spéciaux. La machine Petiet a eu le sort commun et n’est plus employée depuis longtemps à la Compagnie du Nord.
Source : Traité des chemins de fer. Matériel et traction / par Auguste Moreau, 1897-1898. (Scan : BNF / Gallica)
Diagrammes et plans
-
Figure 1715
-
Figure 1897
-
Figure 1898
-
Figures 1901 à 1903
-
Figure 1899
-
Figures 1900 et 1904
Photos et cartes postales
Modifications, transformations
- La 605 a été modifiée en 186x aux Ateliers Koechlin à Mulhouse, par application de balanciers Beugniot conjuguant les deux essieux extrêmes de chaque train. Ainsi modifiée la machine 605 a assuré le service sur la ligne de Chauny à Saint-Gobain, franchissant sans inconvénient la courbe de 80 m de rayon existant dans la cour de l'usine.
- Ces modifications et d'autres (faisceau tubulaire réduit à 2,50 m, sécheur adjoint au réchauffeur, surface de grille réduite, poids majoré de 0,5 t) ont servi de base à la construction de la deuxième série 611-620 en 1867.
- Dès 1872, et jusqu'à 1874, elles furent transformées en machines de manoeuvre du type 030T Série 3931 à 3966, les châssis étant coupés en deux, et les trains moteurs réutilisés avec une chaudière nouvelle montée sur ceux-ci, aux Ateliers de Paris-La-Chapelle.
Source : livre Chemins de fer du NORD (LM Vilain)
Vie de la série
- N°601 "Le Jaguar", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 596. Elle est transformée en 030T N° 3.949 qui garde le nom "Le Jaguar", et en 030T 3.950.
- N°602 "Le Loup", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 597. Elle est transformée en 030T N° 3.951 qui garde le nom "Le Loup", et en 030T 3.952 qui prend le nom "Le Caracal".
- N°603 "La Hyène", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 598. Elle est transformée en 030T N° 3.953 qui garde le nom "La Hyène", et en 030T 3.954 qui prend le nom "Le Chien".
- N°604 "Le Léopard", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 599. Elle est transformée en 030T N° 3.955 qui garde le nom "Le Léopard", et en 030T 3.956 qui prend le nom "Le Chat".
- N°605 "Le Renard", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 600. Elle est transformée en 030T N° 3.947 qui garde le nom "Le Renard", et en 030T 3.948 qui prend le nom "Le Lynx".
- N°606 "Le Sanglier", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 601. Elle est transformée en 030T N° 3.957 qui garde le nom "Le Sanglier", et en 030T 3.958 qui prend le nom "Le Blaireau".
- N°607 "La Panthère", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 602. Elle est transformée en 030T N° 3.959 qui garde le nom "La Panthère", et en 030T 3.960 qui prend le nom "L'Once".
- N°608 "Le Tigre", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 603. Elle est transformée en 030T N° 3.961 qui garde le nom "Le Tigre", et en 030T 3.962.
- N°609 "Le Lion", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 604. Elle est transformée en 030T N° 3.963 qui garde le nom "Le Lion", et en 030T 3.964.
- N°610 "L'Ours ", construite en 1863 par Gouin, N° constructeur 605. Elle est transformée en 030T N° 3.965 qui garde le nom "L'Ours", et en 030T 3.966 qui prend le nom "La Civette".
- N°611 "Le Minotaure", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 655. Elle est transformée en 030T N° 3.933 qui garde le nom "Le Minautore", et en 030T 3.934.
- N°612 "L'Hydre", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 656. Elle est transformée en 030T N° 3.939 qui garde le nom "L'Hydre", et en 030T 3.940.
- N°613 "Le Cerbère", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 657. Elle est transformée en 030T N° 3.935 qui garde le nom "Le Cerbère", et en 030T 3.936 qui prend le nom "Alecton".
- N°614 "Le Sphinx", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 658. Elle est transformée en 030T N° 3.937 qui garde le nom "Le Sphinx", et en 030T 3.938.
- N°615 "Le Léviathan", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 659. Elle est transformée en 030T N° 3.931 qui garde le nom "Le Léviathan", et en 030T 3.932 qui prend le nom "Le Bucentaure".
- N°616 "L'Hippogriffe", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 660. Elle est transformée en 030T N° 3.941 qui garde le nom "L'Hippogriffe", et en 030T 3.942 qui prend le nom "Bellerophon".
- N°617 "Le Cyclope", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 661. Elle est transformée en 030T N° 3.943 qui garde le nom "Le Cyclope", et en 030T 3.944.
- N°618 "Le Triton", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 662. Elle est transformée en deux 030T vendues au Nord-Belge en 1873.
- N°619 "Le Satyre", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 663. Elle est transformée en deux 030T vendues au Nord-Belge en 1873.
- N°620 "Le Titan", construite en 1867 par Gouin, N° constructeur 664. Elle est transformée en 030T N° 3.945 qui garde le nom "Le Titan", et en 030T 3.946.
Source : Locomotive List Chemins de fer du NORD (Dr John Davies)
Fiche technique simplifiée
- Longueur : 10,980 m
- Entraxe total des essieux : 6,000 m
- Timbre de la chaudière : 9 kg
- Surface de grille : 601-610 : 3,33 m² / 611-620 : 2,96 m²
- Surface de chauffe : 601-610 : 219 m² / 611-620 : 153 m²
- Diamètre intérieur moyen du corps cylindrique : 1,278 m
- Tube sur la chaudière (sécheur) :
- Diamètre : 0,508 m
- Longueur : 601-610 : 3,410 m / 611-620 : 2,5 m
- Surface : 601-610 : 22 m² / 611-620 : 14,8 m²
- Surchauffe : 611-620 : 20,2 m²
- Longueur de la cheminée : 2,500 m
- Nombre de tubes : 464
- Cylindres :
- Diamètre : 0,440 m
- Course des pistons : 0,440 m
- Diamètre des roues motrices : 1,065 m
- Poids de la locomotive en charge : 59,800 t
- Eau : 8 m³
- Charbon : 2.200 Kg
- Outillage : 800 Kg
- Poids adhérent : 60,000 t
Service effectué, sections de lignes
Ces machines étaient destinées à la remorque sur lignes faciles de trains de marchandises de 630 t à 20 ou 25 Km/h.
Dépôts d’appartenance
Performances
Cette machine remorquait, sur une rampe de 0,005 m par mètre, 45 wagons chargés de 10 tonnes, à la vitesse de 20 kilomètres à l’heure. Sur la rampe de 0,018 m/m de l'embranchement de Saint-Gobain, et à la vitesse de 14,6 km à l'heure, le poids remorqué s'élevait encore à 207 tonnes.