031+130T Série 6121 à 6138

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Généralités

Locomotives 031+130T, série 6121 à 6138, destinées essentiellement à la remorque des trains de charbon et de minerai sur l'artère Valenciennes-Hirson.

En 1906, les ateliers du Nord construisaient les 2 premières machines-tenders articulées 6121 et 6122, du type Meyer-Kitson, modifié par Gaston du Bousquet qui leur appliqua le système compound. Les cylindres HP étaient installés sur le truck arrière et envoyaient leur vapeur d'échappement dans les cylindres BP, installés sur le truck avant, par des conduits articulés. Ces machines ayant donné de bons résultats, la série complémentaire a été construite en 1906-1907.

Historique

Le transport des houilles et du coke des bassins du Nord et du Pas-de-Calais, constitue le trafic le plus important de ceux que doit assurer la Compagnie des Chemins de fer du Nord. Ce trafic qu'il est intéressant de faire grandes masses, comprend deux courants principaux, prenant leur source à Lens ou à Somain et se dirigeant l'un vers Paris, l'autre vers l'Est, via Valenciennes-Hirson ou via Busigny-Hirson, le courant vers l'Est ayant augmenté progressivement d'importance au cours de ces dernières années.

Depuis 1898, sur les lignes allant vers Paris, qui sont à profil facile, avec pentes relativement faibles et ne dépassant pas 6 mm par mètre, les trains de houille sont composés à 950 t de bout en bout; la traction en est assurée par des locomotives compound à 6 roues accouplées de 1,750 m de diamètre. Il n'en est plus de même pour les trains qui se dirigent vers Hirson, où l'on rencontre des rampes de 12 mm par mètre, sur d'assez longs parcours; sur ces déclivités, les mêmes machines ne peuvent pas remorquer plus de 600 t au maximum. Il en résulte donc, qu'arrivés à Valenciennes, les trains composés à 950 t au départ des houillères, doivent être coupés eu deux pour continuer jusqu'à Hirson; d'où une augmentation importante des frais de traction, puisqu'il faut deux machines au lieu d'une, et sujétion pour l'Exploitation, par suite des manoeuvres et de l'encombrement des lignes.

Il était donc d'un intérêt capital de chercher à remédier à ces inconvénients, par l'emploi des machines assez puissantes pour remorquer les trains de 950 t, sans rompre charge, de Lens à Hirson. Etant donnés la grande puissance et, par suite, le poids inusité qu'atteindrait cette locomotive, il importait de donner à l'ensemble de la machine une longueur et un nombre d'essieux, tels, que les charges par essieu et par mètre courant d'empattement, fussent compatibles avec celles imposées par les conditions d'établissement de certains ouvrages d'art du réseau. Pour satisfaire à cette double obligation et étant donnée la valeur de l'effort de traction à produire, envisagé dans son rapport avec l'adhérence minimum, on fut conduit à fixer à six le nombre des essieux moteurs et à donner à l'ensemble de la machine une longueur, entre tampons, d'environ 16 m. Il n'était guère possible de placer ces six essieux moteurs sous un même châssis; la machine eût certainement manqué de souplesse. Les essieux furent donc reportés en deux groupes indépendants comprenant chacun trois essieux accouplés, plus un essieu porteur, et formant bogies articulés, sur lequel repose la chaudière. Grâce à cette disposition, la machine peut circuler dans des courbes de 90 m de rayon. Comme la vitesse devait atteindre, sur les profils faciles, des valeurs assez élevées, jusqu'à 75 ou 80 km à l'heure, il convenait de ne pas trop réduire le diamètre des roues motrices, tout en ne perdant pas de vue la nécessité de développer, sur les fortes rampes, un grand effort tangentiel; c'est dans ce double but que l'on s'est arrêté au diamètre de 1,455 m.

Source : Extrait du PORTEFEUILLE ÉCONOMIQUE DES MACHINES — 5° SÉRIE — TOME V - AOUT 1906 - par A. MORIZOT, Ingénieur des Arts et Manufactures (BNF/Gallica)

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Diagrammes et plans

Photos et cartes postales

Fiche technique simplifiée

  • Timbre de la chaudière : 16 kg
  • Capacité totale de la chaudière : 8,02 m³
  • Volume d'eau avec 0,10 m au-dessus du ciel : 5,40 m³
  • Volume de vapeur : 2,62 m³
  • Surface de la grille : 3 m²
  • Surface de chauffe du foyer : 11,99 m²
  • Surface de chauffe des tubes : 232,56 m²
  • Surface de chauffe totale : 244,55 m²
  • Nombre de tubes : 130
  • Nature des tubes : à ailerons
  • Diamètre extérieur des tubes : 70 mm
  • Longueur entre plaques tubulaires : 4,750 m
  • Diamètre intérieur moyen du corps cylindrique : 1,456 m
  • Cylindres :
    • Diamètre H. P : 0,400 m
    • Diamètre B. P : 0,630 m
    • Course des pistons : 0,680 m
  • Diamètre des roues motrices : 1,455 m
  • Diamètre des roues porteuses : 0,850 m
  • Poids de la locomotive à vide : 80 t
  • Poids de la locomotive en charge : 102 t
  • Poids adhérent, approvisionnements épuisés : 72 t

Service effectué, sections de lignes

Dépôts d’appartenance

Performances

Les charges remorquées oscillaient entre 850 t et 1350 t suivant les sections et le sens de marche. Les charges maxima étaient :

  • De Pontoise à Creil : 1350 t.
  • D'Achères au Bourget : 950 t
  • Du Bourget à Juvisy : 1200 t

Comme l'a exposé l'Ingénieur en Chef Gaston du Bousquet dans la Revue Générale des CF, une seule machine articulée consommait moins que 2 locomotives anciennes type 030 et 040, en effectuant le même service.